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Nom du blog :
davidbotton
Description du blog :
Textes drôles en tous genres (théâtre, poèmes, parodies...)
Catégorie :
Blog Humour
Date de création :
13.05.2006
Dernière mise à jour :
13.05.2006

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Les Amazones hystériques - Chronique larmoyante

Les Amazones hystériques - Chronique larmoyante

Publié le 13/05/2006 à 12:00 par davidbotton
Chroniques larmoyantes :
Elles ont souffert, elles racontent...


« Je me suis fait arnaquer par un gigolo véreux. »



Célibataire très endurcie, Gisèle, vieille peau de 48 ans, a toujours souffert de ne pas avoir rencontré l’homme de sa vie et de ne pas être mère... Jusqu’au jour où a fait irruption dans sa vie un beau mec, qui lui a promis la lune et qui racontait à qui voulait l’entendre qu’il en pinçait pour elle...


« Mon voeu le plus cher, depuis toujours, a été de trouver le type qui veuille bien se marier avec moi et qui me fasse un gosse. Pour moi, c’était le vrai et le seul sens de la vie. Malheureusement, j’ai dû déchanter très jeune. Dès mon adolescence, il m’a fallu me faire une raison : rester sur le carreau serait mon destin... Longtemps, pourtant, j’ai espéré et cru dur comme fer que je rencontrerais l’homme de ma vie : un beau mec, friqué, romantique, attentionné, adorant les mioches... le prince charmant, quoi. Mais ces dernières années, j’avais perdu confiance et toutes mes illusions s’étaient envolées. Autour de moi, bernique, quedal, un vrai désert ! Les derniers célibataires que j’avais l’habitude de côtoyer s'étaient mariés et ceux qui étaient encore sur le marché risquaient de le rester encore longtemps, tellement la viande était avariée.

Je voulais pondre des gosses pour me sentir exister.

Avec tout ça, mes parents ne cessaient de me harceler de questions : « Alors, la grosse, quand c’est-y qu’tu vas nous l’présenter, ton fiancé ? T’es trop difficile. Vu comme t’es, faut pas t’attendre à taper dans l’œil de Tom Cruise ! » Inutile de vous dire que ces conseils, je m’en serais bien passée. Je comprenais leur impatience, mais c’était quand même moi la principale intéressée dans cette affaire... Ce qui n’empêchait pas que si je ne trouvais pas l’homme de ma vie, je n’aurais pas d’enfants. Et c’était ce qui m’angoissait le plus. Je voulais pondre des gosses pour me sentir exister. C’était pour moi un vide vertigineux que d’imaginer que je ne laisserais rien derrière moi... Et puis, d’une manière générale, le célibat était décidément trop lourd à porter. C’était tout sauf une sinécure... J’en avais assez de tous ces dîners où il me fallait aller toute seule, comme une godiche. Parfois, j’avais l’impression qu’on me faisait l’aumône en m’invitant. « Tiens, et si on disait à la grosse de venir ? Ca la changerait d’air. » Au cours de ces repas de « charité », inévitablement on me faisait parler de moi, de ma passion pour les étiquettes de boîtes de camembert (J’en ai 458)... Et j’avais le sentiment qu’avec mon train-train quotidien d’enfileuse de perles, qu’avec mes petites habitudes de vieille peau moisissante, j’étais une bête curieuse pour mon entourage.

On m’avait reproché mon air tarte.

Quand j’étais en présence de certains couples, je me sentais mal à l’aise. Je reluquais toujours le mari, en lui montrant ma bouche en cul-de-poule et en lui pinçant les fesses. Mais rebernique ! J’avais l’impression d’assister au spectacle de leur vie et je n’avais pas envie de ce rôle de voyeuse à temps plein... Ma dernière histoire d’amour n’avait même pas tenu une semaine. Je n’avais même pas eu le temps de demander à mon « fiancé » pourquoi il me quittait. On m’avait reproché mon air tarte, mon éducation de gourde ankylosée, mon physique de grand-mère chimpanzée... Le bouquet, c’est que j’ai toujours fait dix ans de plus que mon âge...

L’absence de ramonage m’avait rendue à moitié gaga.

Avec tout ça, comment ne pas se rendre à l’évidence : tous les ingrédients étaient réunis pour faire de moi une vieille fille jaunie te grincheuse, rendue à moitié gaga par l’absence d’un ramonage régulier de la cheminée... Jusqu’au jour où j’ai cru avoir enfin rencontré le ramoneur de ma vie.

Le tuyau d’évacuation de mon évier était foutu.

C’était un soir. Je prenais tristement mon repas devant la télé, à moitié avachie dans mon canapé, quand soudain j’ai vu de l’eau sortir de dessous la porte de la cuisine. Je suis accourue pour savoir ce qui se passait. Il ne m’a pas fallu bien longtemps pour me rendre compte que c’était le tuyau d’évacuation de mon évier qui était foutu. Alors, j’ai aussitôt fait appel à « S.O.S. Plombier », qui m’a envoyé rapidement quelqu’un.

Je me suis réveillée le lendemain avec un homme dans mon lit !

Ah ! je m’en rappellerai toujours : il est entré violemment, en demandant de sa voix rauque et virile : « C’est ici le tuyau démanché ? – Oui, c’est moi, c’est mon tuyau qui me tracasse » lui ai-je répondu, alors sous l’emprise d’une émotion qui faisait battre mon cœur à la chamade. Ah ! sapristi, qu’il était beau, avec son regard de braise, sa chevelure de geai gominée et son torse d’athlète ! Je me suis mise à trembler. A un moment, j’ai cru que j’allais m’évanouir... J’ai quand même réussi à le conduire jusque dans la cuisine, pour qu’il évalue l’étendue des dégâts et m’établisse un devis... « Alors, ça me reviendra à combien ? » lui ai-je demandé timidement et innocemment. « Le prix que tu voudras bien y mettre, ma poule » m’a-t-il répondu avec aplomb et me fixant d’une manière provocante... Alors, je ne sais pas ce qui m’a pris. Je ne sais d’ailleurs plus ce qui s’est passé... Tout ce que je me rappelle, c’est que je me suis réveillée le lendemain matin, sans mes migraines habituelles et avec un homme dans mon lit...

Je lui offert de l’argent, beaucoup d’argent, pour le retenir.

Il était appuyé sur le coude et me regardait, l’air faussement amoureux, pendant que de sa main libre, il me caressait tendrement. Je me suis alors sentie devenir folle, folle de lui, de son corps d’Apollon, de son regard envoûtant. Je ne voulais pas qu’il me quitte. Je sentais que si je le laissais partir, je ferais une crise de nerfs dont je ne me remettrais pas. Alors, pour être sûr de le retenir, je lui ai offert de l’argent, beaucoup d’argent. Je lui ai assuré qu’il pouvait arrêter de travailler, que je subviendrais à tous ses besoins, à la condition qu’il continue de m’aimer. Malheureusement pour moi, il a accepté...

Il m’a jetée comme une vieille chaussette !

Nous avons vécu trois mois ensemble. Moi, je l’entretenais. Et lui faisait semblant de m’aimer, en me rassurant hypocritement sur le peu de cas qu’il fallait faire de la grande différence d’âge qu’il y avait entre nous. Il m’affirmait qu’il en pinçait pour moi. Et le pire, c’est que moi, vieille nigaude que j’étais, je l’ai cru. Je lui ai donné en tout la somme rondelette de 150000 F. Toutes mes économies ! Et quand ce gigolo a compris que mon compte était à sec, il m’a larguée grossièrement ; il m’a jetée comme une vieille chaussette !... Et maintenant, il ne me reste plus rien. Pas même l’illusion d’avoir été aimé pour moi-même. En gros, je me suis fait arnaquer par un gigolo véreux... La vie n’a désormais plus aucun sens pour moi. Les hommes me dégoûtent ! Plus jamais d’homme dans ma vie ! Ca, je le jure sur tout ce qu’on voudra. Croix de bois, croix de fer, si je mens, que j’aille en enfer !... La seule issue qui me reste, c’est de me faire nonne au Madagascar.
Je pars demain.


Propos recueillis par Jacqueline Graussmisch.