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Nom du blog :
davidbotton
Description du blog :
Textes drôles en tous genres (théâtre, poèmes, parodies...)
Catégorie :
Blog Humour
Date de création :
13.05.2006
Dernière mise à jour :
13.05.2006

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Histoire d'eau

Histoire d'eau

Publié le 13/05/2006 à 12:00 par davidbotton
Histoire d’eau

(Epopée bucolique)

ou

Comment un jeune Breton sauva deux vaches de la noyade
et jura ses grands dieux de ne plus jamais s’adonner à la lecture


Non loin de Plouguenec, un très jeune garçon
Au nez long et saillant, au visage très candide,
Vivait jadis heureux. Il s’appelait David.
Ses parents l’élevaient au milieu des cochons.

L’école, en ce temps-là, dans toute la Bretagne,
Etait peu fréquentée par les fils de fermiers,
Qui restaient à la ferme afin d’y travailler :
C’est qu’on n’était pas riche, alors, à la campagne.

Le petit David, donc, accomplissait des tâches
A la ferme et aux champs, qu’il faisait sans plaisir.
Il préférait, de loin, passer son temps à lire.
« Fainéant ! laisse ton livre et va garder les vaches ! »

Ses parents, peu instruits, souvent le sermonnaient,
Toujours lui reprochant d’être un vrai bon à rien
Qui toujours rêvassait, le nez dans ses bouquins.
Ce n’était pas ainsi que l’argent se gagnait !

David obéissait : il emmenait brouter
Les bovidés beuglant, dans la prairie herbue.
L’enfant sortait alors le livre défendu
Et lisait au milieu des bêtes encornées.

Un beau jour de printemps, Loïc fut envoyé
Avec tout le troupeau jusques à la prairie.
Comme à son habitude, allongé ou assis,
Notre vacher lisait sous les hauts peupliers.

En contrebas du pré, coulait une rivière
Qui, majestueusement, déroulait ses méandres.
Les vaches y buvaient, et broutaient l’herbe tendre
Qui recouvrait la berge où l’eau jouxtait la terre.

Dévorant ardemment son passionnant roman,
David levait parfois furtivement les yeux
Sur les bêtes meuglant sous un soleil radieux,
Puis continuait à lire avec acharnement.

Soudain, un meuglement des plus épouvantables
Rompit le doux silence où dormait la nature.
David, surpris, leva les yeux de sa lecture,
Et vit, terrorisé, un spectacle effroyable.

« Meuh ! Meuh ! » meuglait en chœur l’ensemble du troupeau :
La berge toute humide où les vaches paissaient
Las ! s’était affaissée ; tout ce qui s’y trouvait,
Deux vaches notamment, étaient tombées à l’eau.

David poussa un cri ; son sang ne fit qu’un tour.
Jetant au loin son livre, il courut vers la berge,
Ôta ses godillots et, sans prier la Vierge,
Plongea dans le courant pour leur porter secours.

Le museau émergeant, les deux gros ruminants
Avaient beau remuer les sabots pour nager,
Leurs efforts étaient vains : allant bientôt couler,
Les bêtes attendaient la mort stoïquement.

David les rejoignit, alors que s’enfonçaient
Dedans l’eau les museaux des deux infortunées.
Il les suivit au fond, parvint à attraper
Le cou d’une des deux, qui encore vivait.

Enlaçant l’animal, nageant corps contre corps,
Notre héros des eaux et sa dépouille inerte
Emergèrent bientôt et d’une allure alerte,
Fendant les nénuphars, regagnèrent le bord.

Les affreux meuglements du troupeau effrayé,
Qui s’entendaient de loin, avaient, pendant ce temps,
Ameuté les voisins, mais aussi les parents
De celui qui voulait sauver les bovidés.

Tous aidèrent David à hisser sur la terre
La vache éberluée qu’il avait repêchée.
Puis, plongeant à nouveau, sans même respirer,
Notre héros gagna le fond de la rivière.

L’autre vache y gisait, l’œil glauque et révulsé.
Bouche contre naseaux, David lui insuffla
Un peu d’air salutaire et serra dans ses bras
La bête amorphe et lourde, à deux doigts de crever.

Alors, puisant en lui le peu de force et d’air
Qu’il lui restait encore, il souleva la bête.
Brassant l’eau d’une main, notre petit athlète
Nagea vers la surface, où tous deux arrivèrent.

Au milieu des hauts cris des spectateurs heureux,
La vache et son sauveur furent tirés des eaux.
Tous deux bientôt sur pieds, l’on cria au héros
En embrassant David, garçon si courageux.

L’enthousiasme passé, l’on alla à l’étable,
Où David fut tenu d’expliquer le drame.
Il finit par avouer, les yeux embués de larmes,
Que c’était de sa faute et qu’il était coupable :

Au lieu de surveiller les vaches dans le pré,
Il avait transgressé l’interdiction formelle
De lire des bouquins, qui usent la cervelle
Et sont du temps perdu pour les travaux fermiers.

David baissa le front ; il fut roué de coups,
Et plus jamais ne lut. Au lieu de la lecture,
Il mena son troupeau chaque jour en pâture :
C’est ainsi, nom de Dieu, que se gagnent les sous !